Ce qui est central dans l’intelligence économique est le fait qu’elle ne se réduit pas à l’accumulation désordonnée d’informations de toutes sortes. Il s’agit de produire de la connaissance structurée pour aider les entreprises à combattre et à se défendre dans la compétition économique d'un monde post-Guerre Froide.
La plupart des spécialistes français résument l'intelligence économique aux axes suivants :
- Veille / renseignement économique (acquérir l'information pertinente),
- Protection du patrimoine informationnel (ne pas laisser connaître ses secrets)
- Aide à la décision (analyse, cartographie décisionnelle, "war room"...)
- Influence (propager une information ou des modes de comportement et d'interprétation qui favorisent sa stratégie).
Le référentiel en intelligence économique publié en 2005 en France met l'accent sur la trilogie formée par acquisition de l'information (veille...) , sa protection et enfin l'influence. L'insistance sur l'influence, (à la fois sous la forme du lobbying, de l'influence politique de soutien aux conquêtes de marchés par les entreprises, mais aussi de capacité d'imposer internationalement des normes, images, valeurs et idées générales favorables à vos desseins économiques) est une des caractéristiques des chercheurs français. À la différence de l'information qui fait l'objet de la veille ou de la protection du patrimoine informationnel et qui a besoin d'être vraie pour être utile, l'information dont traite l'influence est un objet de croyance. Ce qui importe, ce n'est pas qu'elle soit conforme à la réalité mais que beaucoup y adhérent (ou du moins, ceux que l'on désire influencer, comme le législateur ou le dirigeant dans le cas du lobbying). Avec le débat sur le patriotisme économique, cette approche qui met largement l'accent sur les facteurs politiques, idéologiques et de communication de l'intelligence économique constitue une sorte de spécificité nationale.
Cycle du renseignement
Le cycle du renseignement correspond à l’ancienne approche utilisée par les services secrets. Le fonctionnement du cycle est le suivant :
La base du cycle est constituée par les questions auxquelles on cherche à répondre. Elles sont le plus souvent définies par la direction de l'organisation. Ces questions vont orienter les "capteurs" qui vont permettre l'accès aux sources d'informations.
- La collecte d’informations
Elle a lieu à la fois dans les réseaux internes et externes et dans la mémoire de l'intelligence économique. Des informations peuvent également provenir des sources les plus diverses (documentations publiques, médias, salons et rencontres, brevets, normes, back-engineering)
Les informations collectées sont analysées par les experts de l’organisation. L'analyse est supposée comprendre la validation des données, leur recoupement, leur mise en perspective.
Les informations analysées et structurées (c’est-à-dire rendues exploitables) sont diffusées aux personnes concernées dans l’organisation, afin qu'elles soient utilisées par les acteurs qui en ont besoin dans le cadre de leurs fonctions. Notamment, on transmet les informations à la direction qui pourra définir de nouvelles questions.